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Antoni Arola

Designer

dans sa maison, Poblenou

Photos : Christina Holmes - Textes Lucy Baluteig

j'aime arpenter les rues industrielles défraîchies du Poblenou

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Le nom du célèbre studio de design Antoni Arola est souvent associé à la lumière, à l’éclairage. Plus précisément aux lampes dont le studio s’est fait une spécialité. Fines, légères, architecturales, ovoïdales, futuristes, le savoir-faire Arola en la matière est encensé depuis 1994, année où Antoni crée son propre studio. En visitant les locaux de son studio lors d’une journée porte-ouverte organisée par la FAD, j’avais été fascinée par le lieu superbe mais surtout par l’atmosphère particulière que l’on ressent en entrant dans cet immense loft bien loin du style froid et épuré de certains locaux d’agences de design. En entrant ici, on est accueilli par la musique d’une playlist chaleureuse et éclectique qui emplit l’espace, puis ce sont les livres qui recouvrent les murs qui attirent l’oeil, la lumière qui irradie des immenses verrières d’atelier et un sofa moderne mais douillet qui est posé au centre de la pièce. Face au sofa, une étagère de bois est recouverte d’une collection de petits objets divers et étranges traités comme des amulettes sacrées: volants de badmington, bouteilles en verre opaque ou transparentes de toutes formes et tailles, morceau de robineterie, bout de bois tortueux, gourde basque traditionelle en cuir, vieux mètre en bois abîmé, morceaux de plastique ou de polystyrène, une accumulation comme une ode à l’inspiration.

 » J’aime l’accumulation mais j’aime surtout voir dans ces objets ce que l’on ne voit pas tout de suite, ce qui ne paraît pas évident. Peu m’importe la valeur marchande de l’objet, ce qui m’intéresse peut être sa forme, sa couleur, sa ligne, sa texture. Ça par exemple c’est l’intérieur en polystyrène d’un emballage de téléphone portable. Si tu le regardes sans savoir ce que c’est, tu peux y voir comme un mini-univers architectural. Je le trouve intéressant et inspirant ». Dans une ville réputée pour la créativité et le design, et dans une réflexion sur le style de vie urbain, il était tentant de découvrir l’autre côté de ce sublime studio, l’autre pan de l’étage qui abrite la maison et la vie personnelle de Antoni Arola. Qui nous a donc ouvert ses portes.

j'aime arpenter les rues industrielles défraîchies du Poblenou

Si les photos parlent d’elles-mêmes, on retient néanmoins de cette visite inspirante une grande cohérence et fluidité entre les deux mondes, l’espace de travail qui accueille le studio étant de fait un prolongement de l’espace de vie. Un espace épuré, aéré et aérien mais intimiste et chaleureux, apaisant, renforcé là encore par un jeu de lumière et de contraste parfaitement maîtrisé. Ici aussi, on retrouve des étagères remplies de petits objets à mi-chemin entre les souvenirs de voyages et la collection scientifique de formes ou de pierres. C’est assez fascinant, on pourrait rester des heures à regarder chaque objet. « J’aime beaucoup voyager et j’aime ramener des petits objets qui me rappelent le voyage que j’ai fait. Pas un souvenir touristique mais plutôt un objet local, quel qu’il soit ». On sent qu’Antoni Arola n’aime pas la facilité. Ses photos de voyage qu’il nous montre sur son immense écran d’ordinateur mettent en valeur un sens inné de la couleur : Afrique, Mallorque, Japon, comme si le voyage était une excuse pour documenter les couleurs. « J’aime découvrir des endroits éloignés des sentiers battus ».

« Et justement, j’ai toujours aimé vivre au Poblenou pour son côté local, authentique, loin du tourisme de masse, l’aspect brut de ses rues, son ambiance industrielle, j’ai toujours trouvé une certaine beauté à ce paysage. A l’époque il y a quinze ans quand je me suis installé, personne ne venait ici, c’était presque malfamé. C’est justement ce que j’ai toujours aimé, pouvoir arpenter ces rues industrielles défraîchies, inaccessibles. Beaucoup voient Barcelone comme une ville cosmopolite, moi je la trouve très provinciale. Et c’est ça qui me plait ». Un regard franc et singulier qui jette une nouvelle lumière sur ce quartier atypique de la ville condal.

Le carnet d'adresse de Antoni Arola

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Quartier du Born - La Ribera (aussi appelé 'Bacalao') est un miracle en soi. Un de ces lieux vraiment authentiques qui, grâce à Dieu, est encore ouvert...
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J'aime et j'ai toujours aimé me ballader dans mon quartier, Poblenou, au milieu des zones encore décadentes remplies de vieilles usines et d'anciens ateliers.
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