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Jorge Benjumeda

Promoteur immobilier

sur un de ses chantiers de construction, à Gracia

Photos : Christina Holmes - Textes Lucy Baluteig
  • 09/10/2015 - #immobilier #architecture #immeubles #eixample #investissement
  • http://elix.es/

Pour moi, l'état d'esprit profondément entrepreneur du peuple barcelonais le différencie du reste du pays : chaque jour, il y a quelque chose de nouveau qui se passe à Barcelone

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Jorge Benjumeda est Andalou : Cadix & ses fameux villages blancs baignés de soleil, c’est son pays natal. Souriant et décontracté, l’homme est sympathique et bavard, loin du stéréotype -souvent péjoratif- du promoteur immobilier. Il y a une quinzaine d’années, c’est à l’autre bout de l’Espagne à Barcelone, qu’il choisit de venir faire son MBA à la prestigieuse école IESE. Il y rencontre Jaime Lacasa, un camarade de classe, et ils décident de se lancer ensemble dans l’immobilier : leurs études terminées, ils créent ELIX en 2003, une société de promotion immobilière spécialisée dans la rénovation d’immeubles situés exclusivement dans le centre-ville Barcelonais. Malgré la crise qui a sévèrement touché l’Espagne et son secteur immobilier ces dernières années, ELIX a non seulement su résister à la tempête mais aussi à se créer une place de choix au sein du panorama local. Grâce notamment à un positionnement clair et une philosophie de travail unique : le respect de l’architecture Catalane en récupérant des éléments architecturaux existants. Le résultat : des appartements résolument modernes rénovés avec charme (briques rouges, plafond aux poutres apparentes et carreaux de ciments à l’ancienne). Une stratégie urbaine maline et payante : avec trois personnes, 10 immeubles et deux millions d’euros de chiffre d’affaires en 2003, ELIX compte aujourd’hui 23 employés, 80 immeubles et 21,2 millions d’euros de facturation. Intéressant donc de discuter avec ce professionnel pour connaître sa vision de la ville.

Ce matin-là, on retrouve Jorge sur l’un des chantiers actuels de l’entreprise. Nous sommes dans le quartier de Gracia, à quelques pas de la plaza de la Virreina. On penètre dans l’immeuble délabré : ici plus qu’ailleurs, les travaux de récupération sont titanesques. Je lui demande comment il perçoit le marché de l’immobilier aujourd’hui à Barcelone : « Barcelone redevient à la mode au niveau immobilier et on le ressent notamment avec de nombreux fonds d’investissement intéressés et prêts à acheter à n’importe quel prix, avec un objectif purement financier. Quant à l’immobilier industriel comme nous le faisons chez ELIX, c’est un marché plus délicat car il faut très bien connaître et maîtriser les spécificités locales. Barcelone a l’avantage pour moi d’avoir une bonne homogénéité au niveau produit, notamment dans le quartier de l’Eixample fait de beaux immeubles classiques, ce qui est notre domaine de prédilection. Alors que Madrid est une ville qui attire plutôt les investissements Sud-Américains, Barcelone est une ville qui attire des investisseurs Européens qui ont un lien fort avec la ville, souvent parce qu’ils y vivent ou y ont vécu et veulent y garder une attache« .

Pour moi, l'état d'esprit profondément entrepreneur du peuple barcelonais le différencie du reste du pays : chaque jour, il y a quelque chose de nouveau qui se passe à Barcelone

En visitant le chantier, on se rend compte du potentiel non négligeable de ce grand immeuble lumineux, un critère crucial de choix pour ELIX au moment de choisir les biens qu’ils rénoveront. Pendant qu’un ouvrier repeint le grillage de l’ascenseur des années 20, on monte les étages à pied et je demande à Jorge s’ il a noté une différence dans le comportement d’achat des investisseurs à Barcelone ces dernières années « Au niveau des particuliers, on voit de plus en plus d’achats faits sans financement bancaire et les acheteurs sont d’autant plus exigeants au moment de passer à l’acte. Par contre, en ce qui concerne les investisseurs financiers, rien n’a changé, ils investissent en masse car il considèrent que les biens sont peu chers pour le moment et comptent faire des bénéfices faciles sans pour autant avoir la sensation de devoir maîtriser les spécificités du marché local. » On arrive sur le toit de l’immeuble. La vue sur le quartier est sublime, typiquement Barcelonaise. On aperçoit la mer au loin. J’en profite pour demander à Jorge quelle sa vision de la ville à titre plus personnel : « Pour moi Barcelone, c’est le charme des petites choses : des quartiers pleins de charmes, une foultitude de petits commerces indépendants, des restaurants « d’auteur ». La facilité de circulation et son atmosphère cosmopolite sont uniques. Et puis il y a aussi pour moi, l’état d’esprit profondément entrepreneur du peuple barcelonais qui le différencie du reste du pays : chaque jour, il y a quelque chose de nouveau qui se passe à Barcelone et cela permet à la ville d’attirer les talents de l’extérieur ravis d’y trouver une qualité de vie vraiment exceptionnelle« .

Le carnet d'adresse de Jorge Benjumeda

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Can Ravell -situé dans l'Eixample à l'angle des rues Aragon & Bruc- set une perle rare : un vieux Colmado à l'ancien (Colmado = épicerie catalane traditionnelle) où les produits sont excellents et où l'on peut manger un bout sur une des quelques tables disposables. C'est le propriétaire lui-même qui vient vous servir. Les steacks-maison font 1kg et sont exquis. Et puis il y a cette atmosphère si spéciale, ce lieu ancien qui vous fait sentir bien.
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QUARTIER DE POBLESEC - J'aime cette petite place appelée 'Plaza del Sortidor' : on se croirait dans une carte postale ancienne du début du siècle dernier, c'est un bel endroit. El Sortidor est un restaurant vraiment charmant installé sur cette place emblématique, cela fait de lui un incontournable de Poblesec.
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Une de mes récentes découvertes située dans le Pasaje Marimon. Celeri est le restaurant du chef Xavier Pellicer. Ici, la une cuisine ouverte au public et l'atmosphère tout autant que la cuisine y sont extraordinaires. L'expérience est vraiment unique puisque l'on parle directement au chef tout au long du dîner. Pellicer est un chef 3 fois étoilé Michelin qui fatigué d'être toujours caché dans sa cuisine loin de ses clients a décidé de tout quitter pour pouvoir enfin faire ce qu'il a toujours aimé : cuisiner pour et avec ses clients.
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Un excellent restaurant thaï dans la rue tranquille de Vallirana du quartier de Gracia. C'est un jeune couple mixte catalano-thaïlandais qui le tient et ils ont su ramener les saveurs de la cuisine de thaïlande avec justesse et avec goût tout en assurant un rapport qualité-prix impeccable et un service excellent.
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C'est sans aucun doute un de mes endroits préférés en ville : la montagne magique de Montjuïc. J'aime aller y courir le midi et déjeuner ensuite sur la terrasse du restaurant du Club de Tennis POMPEYA (www.rstpompeya.com), ça n'a pas de prix.