Inscription
Close

Miquel Aparici

Sculpteur

dans son atelier, L'Hospitallet de Llobregat

Photos : Paola de Grenet - Textes Lucy Baluteig

Certaines galeries d'art de Barcelone commencent à prendre des risques (dans le bon sens du terme), mélangeant l'Art avec d'autres disciplines ou d'autres univers. Et cela me semble une bonne chose car il ne faut plus subir la crise mais trouver des formules pour en sortir .

> Cliquez ici pour lire le portrait dans son intégralité

La poésie peut se trouver dans toute chose. Tel pourrait être le crédo de l’artiste catalan Miquel Aparici dont l’univers artistique tourne autour de l’idée de donner vie à des objets récupérés, abandonnés par la société de consommation. Et ce, avec poésie. Des objets métalliques, en bois ou en cuir (clefs, tuyaux, pinces, couverts, casques, boulons, boutons, couvercles, anses, embauchoirs ou chaussures) qui assemblés par l’artiste prennent tout à coup la forme d’animaux drôles et émouvants. Des sculptures attachantes, avec une âme, qui peuvent rappeler l’art naïf avec des formes figuratives simples combinées à des silhouettes minimalistes. Des animaux sculptés qui en 2013, ont été exposés au Musée d’Histoires Naturelles de Barcelone. Un univers artistique créatif et poétique donc qui attise notre imaginaire d’enfant. Ce qui ne surprend pas quand on sait que Miquel Aparici est aussi Directeur Artistique de la fameuse revue humoristique El Jueves – un hebdomadaire d’humour graphique et de satire politique très apprécié en Espagne.

En rencontrant Miquel Aparici -formé en graphisme à la célèbre école d’arts appliqués Massana- on est étonné d’apprendre qu’il est « tombé dans l’Art » plutôt tardivement, à 35 ans. «J’ai toujours été entouré d’artistes mais le monde de l’Art me paralysait. Jusqu’au jour où en rentrant d’un voyage à Formentera, je me suis mis à dessiner la faune sublime que j’y avais vu. J’ai dessiné avec ce que j’avais à portée de main, en l’occurrence du café, du sucre et une petite cuillère. Trois mois plus tard, mes «insectes de café» étaient présentés dans une galerie de Barcelone, les dessins étaient publiés dans National Geographic et six mois après, j’exposais à New York ». Dans son immense atelier « Brooklynien » de L’Hospitalet (à la sortie de Barcelone) où il nous reçoit, la sensation de pénétrer dans la caverne d’Ali Baba m’assaille : des dizaines d’étagères entières recouvertes d’objets en tout genre qui feraient pâlir d’envie tout bon brocanteur. Sur le sol, dessiné à la craie, le squelette d’une immense girafe à taille réelle sur lequel Miquel a déjà posé ici et là des pièces clefs*.

Certaines galeries d'art de Barcelone commencent à prendre des risques (dans le bon sens du terme), mélangeant l'Art avec d'autres disciplines ou d'autres univers. Et cela me semble une bonne chose car il ne faut plus subir la crise mais trouver des formules pour en sortir .

« Après les dessins au café, je me suis dit qu’il serait intéressant de travailler mes insectes en trois dimensions. Et c’est là que j’ai commencé mes «dessins dans l’air» : des sculptures faites de fils de fers, comme si elles étaient dessinées dans l’espace. Tout le monde me disait que ça ne marcherait pas, tout comme on me disait que les dessins de café ne plairaient pas. J’ai appris à ce moment-là à ne plus m’inquiéter ou me comparer aux autres et j’ai suivi mon instinct. J’ai toujours rêvé d’être biologiste, je suis fasciné par les animaux. Je crois que mes sculptures me permettent aujourd’hui de faire coexister ces deux mondes ». Quand on lui demande ses influences, Miquel parle de voyages mais cite aussi Giacometti, les livres anciens japonais et les bandes dessinées.

Dans un coin de l’atelier, j’aperçois des sculptures de poissons de bois et d’acier plongés dans des aquariums. «Ce n’est pas de l’eau mais un mélange de résines. J’ai fait des mois de recherche et de tests pour en arriver là, vérifier que cela n’altère pas les sculptures. J’ai même parlé avec un magicien pour voir s’il n’existait pas un truc visuel pour se rapprocher de la texture de l’eau. C’est un processus créatif long et plutôt atypique mais cela ne me dérange pas car c’est du bonheur pour moi, j’aime passer du temps ici, réfléchir à mes sculptures, cet atelier est mon espace vital, j’oublie tout, je suis dans le plaisir. Les artistes qui accouchent de leur art dans la douleur, très peu pour moi !» dit Miquel en riant. Et quand on parle de la scène artistique Barcelonaise, Miquel est optimiste « Il y a une tendance générale à Barcelone : les nouveaux endroits qui ouvrent (restaurants, bars ou autres) apportent une attention toute particulière à l’esthétique. C’est bien, cela élève le niveau. Dans la même veine, au niveau des Galeries d’Art, on assiste à une nouvelle prise de risque comme chez Azul Tierra mélangeant l’Art avec d’autres disciplines ou d’autres univers, la musique ou la gastronomie, les galeries cherchent à créer des événements pluridisciplianires et cela me semble également une bonne chose car il ne faut pas subir la crise mais bien essayer de trouver des formules pour en sortir ».

* la girafe et d’autres animaux sont exposés jusqu’à Septembre 2015 à L’Hospital Teknon de Barcelone – Animalia

Le carnet d'adresse de Miquel Aparici

Icon
J'aime énormément ce quartier piétonnier rempli de petites boutiques et de cafés cosmopolites
Icon
Quartier du Poblenou - Ici, je suis comme un poisson dans l'eau. Ce marché-brocante a perdu un peu de son charme d'antan depuis qu'ils ont changé son emplacement mais cela reste un endroit incroyable où dégotter des objets hallucinants.
Icon
Quartier de l'Eixample - Un classique de Barcelone. Le dimanche matin. Plein de stands proposant des livres d'occasion, de vieilles bandes dessinées, des autocollants anciens, des timbres, des pièces de monnaies ou encore des cartes postales. C'est tout ce que j'aime, c'est tout moi!!
Icon
Quartier de Gracia - Un oasis en plein centre de Barcelona avec toutes sortes de boutiques d'objets vintage, des galeries d'art et des magasins tous plus sympas les uns que les autres.